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Affaire troisième mandat: « ce tableau sombre que présente le paysage politique dans nos Etats »


Si les coups de force sont à proscrire et à condamner, il est temps que les présidents africains arrêtent au jeu du troisième mandat.

Le troisième mandat aura vécu en Guinée. Le président Alpha Condé qui avait entamé son troisième mandat à la tête de la Guinée, a été déposé par les forces spéciales, une unité d’élites de l’armée guinéenne. Ce coup d’état, le troisième du genre depuis la disparition de Sékou Touré, a sérieusement mis de nombreuses personnes dans l’embarras.

Faut-il le condamner parce qu’il vient mettre fin à un régime civil en place, ou faut-il le saluer pour avoir interrompu le cours d’un mandat de trop, un mandat issu du viol et du tripatouillage de la constitution de ce pays frère ?

Au Mali, un deuxième coup d’état qui a porté le Colonel Assimi Goïta à la tête du Mali est venu interrompre une transition issue d’un premier coup d’Etat. Comme au Mali, le Burkina Faso a eu aussi un deuxième coup d’état, qui a « rectifié » celui perpétré par le colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Désormais c’est le capitaine Traoré qui est dans la place !

L’irruption des militaires sur l’échiquier politique est une forfaiture inacceptable pour tous ceux qui se réclament démocrates. Et comme à l’accoutumée, les condamnations « hypocrites » ont déferlé sans attendre ! L’Onu, L’Union africaine, la CEDEAO ont fait chorus, pour chanter la litanie éculée et surannée des condamnations avec la dernière énergie, et des injonctions pour le retour à l’ordre constitutionnel.

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Si les coups de force sont à proscrire et à condamner, il est temps que les présidents africains arrêtent de s’adonner au jeu indécent, celui de tripatouiller et de violer les constitutions pour se maintenir au pouvoir. Ils doivent se conduire en hommes d’Etat, en respectant les constitutions qu’ils promettent de défendre quand ils prêtent serment. Qu’ils arrêtent de s’arroger le droit de vie et de mort sur leurs concitoyens et de se prendre pour l’alpha et l’oméga de nos pays !

Ce qui est arrivé en Guinée, au Mali et au Burkina Faso, doit donner à réfléchir à tous ceux qui pensent être indispensables, convaincus qu’ en dehors d’eux, il n’y a point de salut ni de stabilité pour le pays. La politique de ce fait en Afrique, semble être un éternel recommencement, un véritable travail de Sisyphe, où il n’y a jamais d’acquis à transmettre à un successeur, qui le transmettra à son tour à un autre, selon les prescriptions des constitutions.

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On en arrive même à désespérer de ces hommes politiques africains, surtout des présidents ! Avant d’arriver au pouvoir, ces hommes politiques sont tous précédés d’une réputation surfaite de démocrates, d’intègres, de rigoureux, de technocrates, venus pour sortir le peuple de la misère et mettre fin à l’incompétence notoire de ceux qui les précèdent. Mais à l’épreuve du terrain, il est difficile de les reconnaître, et souvent la déception et la désillusion des peuples, sont à la dimension des espérances et des attentes escomptées.

Ces démocrates deviennent de véritables autocrates, irascibles, narcissiques, supportant difficilement la contradiction. Pour arriver à leurs fins, ils n’hésitent pas à restreindre les espaces de liberté que les peuples ont acquis de haute lutte, et au prix de la vie de certains des leurs. Le peuple peut crier sans espoir, son désespoir, mais ses complaintes iront toujours se briser sur le parapluie de l’indifférence, de l’arrogance et du mépris de ces présidents.

Peuples muselés, opposants emprisonnés, revendications sociales réprimées dans le sang, rapports avec l’opposition toujours appréhendés dans un prisme de confrontation, voilà le spectacle désolant qu’offrent ces présidents. Face à ce tableau sombre que présente le paysage politique dans nos Etats, c’est un sentiment mitigé qui étreint de nombreuses personnes relativement aux coups d’états.

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En effet, autant on ne peut accepter l’irruption des militaires sur le champ politique avec des lendemains incertains, autant on ne peut s’empêcher de se satisfaire que soit mis fin à l’expérience du troisième mandat illégal, qui a commencé à faire tâche d’huile en Afrique, et aux errements de chefs d’Etats pour qui le sort du peuple semble être le cadet des soucis.

Cela est vraiment désespérant !

Ainsi va l’Afrique !

Mais arrive le jour où l’ivraie sera séparée du vrai !





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