improve alexa rank improve alexa rank
Actualités, Avis de décès

En Afrique du Sud le retour du Docteur la Mort

Les médias et les réseaux sociaux d’Afrique du Sud viennent de découvrir que le docteur Wouter Basson, 70 ans, figurait sur la liste des spécialistes exerçant dans deux hôpitaux privés du groupe Mediclinic Southern Africa, l’un en Afrique du Sud, l’autre en Namibie. Un choc pour beaucoup. « Le surnom de cet homme est Docteur la Mort. Dans les années 1980, il a été le directeur d’un vaste programme chimique qui visait à éliminer les opposants de l’apartheid », rappelle Solly Moeng, expert en communication au Cap et éditorialiste à Fin 24.

Cardiologue de formation, médecin personnel du président Pieter Willem Botha, Wouter Basson a travaillé pour le compte de l’armée, comme spécialiste de la guerre chimique et bactériologique, dans les années 1980. C’est dans ce cadre qu’il a dirigé le « projet Coast », un programme secret pour développer des armes chimiques et biologiques contre les ennemis de la nation, au premier rang desquels se trouvaient les partisans de l’ANC.

Sont conçus et distribués des cigarettes et des enveloppes à l’anthrax, des cigares et des chocolats au cyanure. Le virus du sida est également inoculé à des prostituées noires afin qu’elles contaminent leurs clients. Parmi les célèbres assassinats dans lesquels le docteur Basson serait impliqué, celui du révérend Frank Chikane, le secrétaire général du Conseil des églises sud-africaines : ses caleçons avaient été imprégnés d’un produit chimique utilisé pour les insecticides.

Stériliser les femmes noires

Ses recherches, secrètes, se sont appuyées sur tout un réseau de laboratoires et de scientifiques financés par le gouvernement. C’est à l’occasion de la mise en place de la Commission vérité et réconciliation, sous la présidence de Nelson Mandela, que l’on apprend en 1996 que les recherches du docteur Basson et de son réseau ont porté aussi sur les moyens chimiques de lutte contre la croissance démographique des Noirs. C’est dans ce but qu’il a travaillé sur un vaccin pour rendre les femmes noires stériles.

Au début des années 1990, le président de Klerc met un terme au projet Coast. Wouter Basson se tourne vers la production de produits chimiques autorisés par le gouvernement. Mais ces activités en cachent une autre, celle de la production de drogue à grande échelle comme le LSD. Il se rend à plusieurs reprises en Libye et en Irak où il est soupçonné de vendre son savoir-faire.

Ayant refusé de demander l’amnistie devant la Commission Vérité et réconciliation, il est poursuivi à la fin de l’année 1999. 67 charges sont relevées contre lui, dont 229 meurtres et conspiration de meurtres.

La nouvelle vie du docteur Basson

Après un procès-fleuve, il est finalement acquitté en 2002. « Il n’a pas été présenté à la cour des preuves suffisantes démontrant sa responsabilité directe dans ces crimes et ses empoisonnements. Il a même obtenu une amnistie. D’autres procédures juridiques ont été engagées contre lui, mais il s’en est toujours tiré », regrette Solly Moeng. Même la tentative de le faire radier de l’ordre des médecins.

Discrètement, le docteur Basson a poursuivi ses activités de médecin. « Sa réputation de cardiologue est réelle. Il a des clients, ceux pour qui il travaille en tirent un bénéfice », constate Solly Moeng. Et d’ajouter : « toutes ces dernières années, les Sud-Africains ont été accaparés par bien d’autres choses que la nouvelle vie de Basson. Si ses victimes et ceux qui ont connu les années 1980 ont été heurtés en découvrant qu’il exerçait encore, les plus jeunes sont déjà passés à autre chose. Tous ceux qui n’ont pas connu l’apartheid sont surtout préoccupés par la crise économique, le chômage, la criminalité galopante et la gangrène de la corruption. »

Laisser un commentaire

improve alexa rank
%d blogueurs aiment cette page :