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Marie-Louise Beuseize nous raconte la belle histoire de Mankoudi

Un air d’enfance jadis arrachée qui semble la suivre inéluctablement, contrastant avec ses cheveux gris et naturels qui résistent aux saisons, une adolescence d’incertitude mais de longues batailles gagnées, et une plume qui se découvre pendant le confinement, pour offrir au lecteur un plateau de mots qui dansent aux rythmes des sonorités de son pays d’origine la Côte d’Ivoire, Marie-Louise Beuseize s’entretient avec nous sur son premier ouvrage littéraire intitulé La belle histoire de Mankoudi et paru aux Editions Baudelaire.

236 pages exaltantes pour réciter la palpitante histoire de Mankoudi, petite enfant métisse des brousses ivoiriennes, du temps de la présence des colons français dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Une invitation au voyage en Côte d’Ivoire, une plongée dans le temps de ses unions muettes, presqu’interdites et de leurs conséquences: ces nombreux enfants métis abandonnés issus de l’union entre les “Toubab” (les français) et ces Africaines. L’auteure, Marie-Louise Beuseize Bardin est née en Côte d’Ivoire. Après la classe de cinquième, elle enchaine quelques années de galère avant qu’une perche ne lui soit tendue; elle part pour l’Europe. Là, c’est la désillusion : elle connait des années de cauchemar avant d’être régularisée. Durant cette période difficile, elle trouve l’inspiration et commence à écrire cette époustouflante histoire, celle de Mankoudi.

First Magazine : Marie-Louise, pourquoi avez-vous installé l’intrigue de votre récit au cœur de l’ère coloniale ?

Marie-Louise Beuseize : J’ai voulu écrire l’histoire de mon canton dénuée de ses mensonges que mon père m’a racontée. Mais au fur et à mesure que je le faisais, d’autres histoires prenaient forme dans mes pensées, m’orientant ailleurs. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans l’histoire d’une petite métisse retrouvée au fin fond d’un village d’Afrique pendant la colonisation.

First Magazine : Cette petite métisse et sa belle histoire se racontent dans ce chef-d’œuvre littéraire, votre premier tableau de lignes fait de mots simples, justes et forts à la fois. Quel est le thème principal auquel le lecteur devrait s’attendre dans votre ouvrage ?

Marie-Louise Beuseize : J’ai voulu mettre l’accent sur l’indépendance du genre féminin. La protagoniste principale est une femme. Je n’ai pas voulu la laisser dans la pauvreté, et surtout je n’ai pas voulu qu’elle se fasse une place au soleil grâce à un mariage.

First Magazine : En replongeant le lecteur avec vous dans l’époque, n’est-ce pas une espèce d’exutoire et de cure pour vous quant à votre enfance faite d’incertitude et de doute liées à vos performances scolaires ?

Marie-Louise Beuseize , auteure de La belle histoire de Mankoudi

Marie-Louise Beuseize : Je dirai c’est bien cela. Je me voyais en la protagoniste, ce que j’ai voulu être, ce que j’ai voulu faire et que je n’ai pas pu ; j’ai tout mis en œuvre pour ressortir tout cela en elle.

First Magazine : Vous vous définissez comme une mauvaise ou pas du tout oratrice. Pourtant l’oralité est le socle de la tradition africaine. Comment vous l’expliquez ?

Marie-Louise Beuseize : Oui malheureusement il en existe des personnes comme ça. Celles qui ne savent pas parler devant un public et j’en fais partie. Mais nous existons quand même. Moi personnellement j’écris tout avant de le lire quand je dois parler. Je remercie mon père (paix à son âme) qui m’a mise à l’école, même si je ne suis arrivée nulle part. Je me souviens quand j’ai fait mon premier bébé au CM2 et que son père n’a pas voulu le reconnaître ; le mien l’a convoqué chez ses supérieurs. J’ai dû écrire trois pages pour les lire devant tous ceux qui étaient venus pour trancher l’affaire.

First Magazine : Mankoudi, un nom, une œuvre mais aussi un moment : celui du confinement lié à la pandémie à coronavirus. Votre inspiration s’affirme-t-elle finalement du renfermement sur soi et de la distance sociale ?

Marie-Louise Beuseize : Oui, je dirais. Il a fallu ce moment de confinement pour que je puisse m’extérioriser. Un temps où la nuit et le jour se ressemblaient. Je ne saurai vous dire pourquoi l’inspiration m’est venue en ce temps-là.

First Magazine : Y – a-t-il des difficultés que vous ayez rencontrées en tant qu’auteure africaine en Europe ?

Marie-Louise Beuseize : Non pas du tout. Pour l’instant, je suis dans mes débuts à la longue je vous le dirai.

First Magazine : De plus en plus, la population en général et la jeunesse en particulier sont accrochées aux supports numériques. Ne craignez-vous pas que votre belle histoire passe inaperçue auprès du grand public ?

Marie-Louise Beuseize : Malheureusement la réalité est là. Le mot est aussi lâché : “accrocher.” Quand je vois cette jeunesse dans la rue, le nez rivé sur le smartphone et qui cogne même des poteaux électriques sans se soucier de ce qui lui arrive.

Dès la rentrée je verrai avec mon éditeur pour savoir où il en est avec la version numérique. Je regrette vraiment le bon vieux temps.

First Magazine : Votre mot de fin ?

Marie-Louise Beuseize : Nos choix déterminent notre avenir. Je voudrais dire aux personnes qui à un moment de leur vie n’avançaient plus et ont préféré baisser les bras, préféré abandonner, de ne point baisser les bras. Je les invite à croire en eux, car un jour ça ira. Dieu dans sa bonté infinie, m’a donné cette dernière après plusieurs recommencements. Ils ne doivent pas baisser les bras tant qu’il leur reste encore un souffle de vie, la persévérance paie.

Je voudrais aussi demander au public de m’encourager en achetant un exemplaire de mon livre disponible dans les librairies francophones sur commande. Le public peut également se le procurer en ligne chez Amazon, à la Fnac, Cultura, Décitre et Chapitre.

Jean-Christ Amblard

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